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La chouette vagabonde

Lire, manger, se promener, découvrir... des coups de gueule, voyages, passions, lectures... ou les derniers hôtels dans lesquels je me suis arrêtée; parfois, des recettes de plats régionaux, une fleur qui vient d'éclore ou le presque silence d'un matin qui se lève sur la ville...

Les bières belges : La Kriek Liefmans

Publié le 11 Juillet 2008 par MicheleG in Bières belges

De toutes les krieks, que j'affectionne particulièrement, la Kriek de la brasserie Liefmans est certainement celle que je préfère.




Qu'est-ce que la Kriek ?

La Kriek est un lambic dans lequel le brasseur a fait macérer des cerises pendant plusieurs mois. Environ 250 grammes de cerises par litre.

Initialement sa fabrication se résumait à ajouter des cerises (traditionnellement on utilisait la cerise de Schaerbeek, qui a une saveur acide) à un tonneau de lambic âgé d'au moins 6 mois provoquant ainsi une seconde fermentation. Six mois plus tard voilà le résultat: une bière bien fraîche, aigre-douce, non moussante, rouge et ayant le goût de la cerise.

La raréfaction de la cerise de Schaerbeek fait que l'on utilise également d'autres variétés de cerises du nord, voire du jus de cerise ou même des extraits au parfum cerise.

La fabrication de la Kriek ne nécessitait pas une infrastructure de brassserie. Elle était donc souvent faite par des aubergistes possédant quelques tonneaux de lambic en réserve.
Tout comme le lambic on tirait la kriek au fût en la versant dans des cruchons en grès bien typiques. L'embouteillage n'apparut que plus tard.

Traditionnellement, la kriek était fabriquée dans une région située au sud-ouest de Bruxelles (Brussel en néerlandais), entre les rivières Senne et Dendre, nommée le Pajottenland. Cette région agricole est très fertile, valonnée et jouxte la Région de Bruxelles-Capitale qui comporte 19 communes dont une partie de l'une d'elle, Anderlecht, se trouve dans le Pajottenland également.



Que veut dire Pajottenland ou Payottenland ?

Sur ce lien-ci, voilà ce qu'on en dit


link


Tout un chacun qui a essayé d'élucider ce mystère se retrouve au même point de départ: les noms de Pajot et de Pajottenland ont surgi dans le cerveau de F.-J. De Gronkel. Aucun document document historique n'y fait référence.

La description du Pajottenland, tel que le voit De Gronckel est un assemblage, voire un ramassis, de villages n' ayant aucun passé historique commun. Chaque auteur va donc donner son interprétation propre.

Voici quelques exemples pris au hasard:

Alphonse Wauters, contemporain de F.-.J. De Gronckel, dans son "Histoire des Environs de Bruxelles" (1855):

"Payottenland est un sobriquet d' origine universitaire". Wauters déclare que le mot payot fait référence au mot  pays  tout comme le mot patriote se réfère à  patrie .

Arthur Cosyn  dans le  "Le Brabant Inconnu"(1911):

"'t Payottenland " ( le pays des pays ou des camarades). Selon le  Larousse le mot "pays" est une expression familière désignant des compatriotes

 Prof. Carnoy( linguiste):

Selon le "Dictionnaire Wallon" le mot  Pagnotte signifierait un mur argileux renforcé de pièces en bois et de paille: Payottenland : Pays des payottes .

Dr. Jan Lindemans:

Dans la région méridionale du Brabant les jeunes se saluent en criant "Paj"

Selon  Larousse, van Dale et autres:

paillote:hutte de paille; paillot:petite paillasse ( sac rempli de paille); pagnot,pageot, pajot, page:lit

Bert van den Broeck, peintre,et historien local d'Opwijk:

" les payots" : expression méprisante utilisée par les bruxellois francophones désignant les paysans habitant le nord-ouest du Brabant et logeant dans de petites maisons argileuses et basses avec un toit de paille.



Mais la Kriek Liefmans dans tout cela ?

La Kriek Liefmans a cette particularité qu'elle ne provient pas de la région dans laquelle est produite tradtionnellement la kriek, le Pajottenland, ce qui ne l'empêche pas d'être, pour les connaisseurs, probablement la meilleure au Monde.

Elle est produite seulement une fois par an, au départ d'une bière brune de minimum 6 mois d'âge, la Cordon Brun et Or de Liefmans. Les cerises et leurs noyaux massèrent ensemble en cave durant une période pouvant aller jusqu'à deux ans, ce qui confère à cette kriek son goût particulier et tellement agréables.

La Kriek Liefmans tire à 6 %

On la trouve généralement en bouteilles de 25 cl dans les cafés, 37,5 cl, 75 cl et 1,5 l dans les magasins, ainsi qu'en fûts de 30 l. 


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